Trait d’Union n°62 | De la spiritualité personnelle à l’engagement collectif

Édito : La preuve par les actes

 

Alors que j’écris ces lignes, le conflit Israélo-palestinien atteint une intensité historique faisant suite aux attentats meurtriers du Hamas et de la lourde réponse militaire d’Israël sur la bande de Gaza. Face à cette situation extrême, à laquelle je pourrais ajouter celle du Haut Karabagh et de ses réfugiés, le monde se polarise plus encore. Délicat dans ces conditions de sortir un numéro intitulé « Spiritualité et engagement ». Ne dira-t-on pas qu’il s’agit là de guerres sur fond de civilisations, de religions et de spiritualités ? Faudrait-il alors disqualifier la spiritualité comme source d’engagement pour le bien ? Ces conflits d’une grande complexité historique et géopolitique ne seront pas résolus dans ces quelques lignes. Loin s’en faut ! Mais les souffrances intenses auxquelles nous assistons me renvoient nécessairement à un questionnement : Que produisent ma spiritualité et mes choix de pensées au quotidien ? Car oui, toute spiritualité génère des pensées, des croyances et des actes.

 

Après 40 ans d’actes bienveillants posés par ADRA dans plus de 200 pays du monde en réponse aux grandes crises humanitaires et pour accompagner les personnes vers plus d’autonomie, voici un arrêt sur image, et un regard derrière le rideau -ou dans le moteur, si cela est plus parlant. Ce numéro entend montrer le travail d’ADRA, mais aussi les valeurs qui la fondent et poussent des milliers de personnes à s’engager pour leurs semblables.

 

Dans la foulée des questionnements que produit en moi la terrible actualité à laquelle j’assiste me revient en plus cette affirmation qui m’a été faite un jour : «  Pas besoin de Dieu pour faire le bien.  » C’est parfaitement vrai. Ce qu’on appelle la règle d’or, « fais aux autres ce que tu voudrais qu’ils te fassent », se retrouve dans de nombreuses spiritualités et philosophies. Que d’autres spiritualités poussent à prendre soin de son prochain, je ne le nierai donc pas. J’aurai cependant à cœur de m’attarder sur le fait qu’ADRA a été fondée parce que des gens aujourd’hui encore trouvent leur inspiration dans la personne du Christ et dans sa manière de vivre.

 

Puisque le Christ considérait que chaque être humain a une valeur intrinsèque, quelle que soit sa condition, et puisqu’il plaçait la liberté individuelle et l’autodétermination au cœur de sa relation à l’autre, alors ADRA agit dans ce même esprit : tendre la main à tous, « sans distinction », en choisissant de voir la personne humaine avant tout.

 

Dans cette rencontre de l’autre, l’ancrage spirituel de notre association constitue aussi une richesse dans la capacité que nous avons d’accueillir les questionnements existentiels et de partager, parfois, l’espérance qui nous fonde. L’être humain est en effet un être de spiritualité qui exprime quelquefois le besoin d’être aussi rencontré dans sa dimension spirituelle. Gageons qu’il est plus aisé de répondre à ce besoin lorsque l’on a développé un rapport à la transcendance. C’est le cas d’ADRA.

 

Pour ce numéro nous avons donc voulu articuler les différentes places que prend la spiritualité, y compris en France, dans le passage à l’action au service des plus fragiles : dans les motivations, dans sa possible expression, dans la place qu’elle crée pour l’autre et, preuve ultime, dans les actes qu’elle inspire. Nous vous réservons en prime la réflexion de plusieurs contributeurs de choix qui, n’étant pas d’ADRA, rendent possible un regard croisé enrichi sur notre thème.

Michael PAÏTA, secrétaire général

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