ADRA France | 30 juin 2026
Le 24 juin 2026, un double séisme d’une magnitude exceptionnelle a frappé le nord du Venezuela. Le bilan dépasse désormais 1 700 morts et continue de s’alourdir. Sur place, les équipes d’ADRA distribuent eau potable, kits d’hygiène et vivres aux familles les plus vulnérables.
En quelques secondes, des quartiers entiers se sont effondrés. Le 24 juin 2026, à 18 h 04 heure locale, un séisme de magnitude 7,2 a secoué le nord du Venezuela, suivi trente-neuf secondes plus tard d’une seconde secousse de magnitude 7,5. Les épicentres, distants de quelques kilomètres seulement, se situaient près de Yumare et Morón, dans l’État de Yaracuy, à une centaine de kilomètres à l’ouest de Caracas.
C’est le séisme le plus puissant qu’ait connu le pays depuis 1900. Le service géologique américain (USGS) a placé l’événement en alerte rouge, son niveau le plus élevé, indiquant une probabilité forte de pertes humaines massives et de dégâts étendus.
Un double séisme d’une violence rare
Le phénomène, qualifié de « doublet » par les sismologues, reste exceptionnel : deux ruptures de forte magnitude, presque simultanées, sur le même système de failles. Cette configuration a démultiplié les destructions.
Sept États sont touchés. L’État côtier de La Guaira, au nord de Caracas, a été déclaré zone sinistrée : plus d’une centaine de bâtiments s’y sont effondrés. Dans la capitale, les quartiers de Los Palos Grandes et d’Altamira figurent parmi les plus durement frappés. L’aéroport international Simón Bolívar, endommagé, a dû fermer.
La survenue de la catastrophe un jour férié — l’anniversaire de la bataille de Carabobo — a aggravé le bilan : beaucoup de familles se trouvaient à leur domicile au moment des secousses. Depuis, plus d’une centaine de répliques ont été enregistrées, et les autorités scientifiques estiment à 40 % la probabilité d’une nouvelle secousse de magnitude supérieure à 6 dans la semaine.
Selon les Nations unies, le bilan officiel atteignait au moins 1 719 morts et environ 5 000 blessés au 29 juin, avec près de 12 000 personnes déplacées. Le décompte évolue d’heure en heure, et plusieurs sources font état de dizaines de milliers de personnes encore portées disparues, un chiffre que les autorités n’ont pas confirmé à ce stade. Des observateurs indépendants ont d’ailleurs appelé à la transparence sur ces données.
Un pays déjà fragilisé
La secousse a frappé un pays qui traversait déjà l’une des crises humanitaires les plus profondes du continent. Avant même le séisme, près de 8 millions de Venézuéliens avaient besoin d’une aide humanitaire, selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA).
Le système de santé, déjà sous tension, peine à absorber l’afflux de blessés. Des hôpitaux saturés soignent des patients dans les couloirs ; l’eau courante est coupée dans plusieurs villes. L’agence des Nations unies pour l’enfance estime que le séisme a fait basculer 1,8 million de personnes supplémentaires dans le besoin, dont 680 000 enfants.
À cette urgence sanitaire s’ajoute une crainte plus sourde : celle des maladies liées à l’eau contaminée et à la promiscuité dans les abris de fortune. Des milliers de personnes, ayant perdu leur logement ou redoutant les répliques, passent leurs nuits dehors.
La réponse d’ADRA sur le terrain
Dès le 25 juin, ADRA Venezuela a activé son plan national de gestion des urgences et concentré ses premiers efforts sur l’État de La Guaira, le plus touché. L’agence travaille en coordination avec les autorités locales, la Protection civile, OCHA et le réseau de l’Église adventiste, présent dans le pays.
Deux secteurs sont prioritaires. Côté eau, hygiène et assainissement, la distribution de 1 000 kits d’hygiène est en cours, accompagnée d’un appui à l’accès à l’eau potable et à sa purification. Côté sécurité alimentaire, des paniers de vivres d’urgence sont distribués aux familles, en priorité aux foyers comptant des enfants de moins de cinq ans et des personnes âgées.
Sur le terrain, les équipes d’urgence d’ADRA, dont le poste de coordination est installé à Caracas, procèdent à l’enregistrement des bénéficiaires avant chaque distribution. La méthode privilégie les ménages les plus exposés : familles monoparentales, personnes en situation de handicap, personnes âgées isolées.
ADRA s’inscrit dans une mobilisation internationale plus large. La Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge a lancé un appel d’urgence pour venir en aide à 300 000 personnes, tandis que plusieurs agences onusiennes acheminent du matériel médical et logistique. Le réseau ADRA, à l’échelle de la région inter-américaine, coordonne ses moyens pour amplifier la réponse.
À lire aussi : La réponse d’ADRA International au séisme vénézuélien
Comment votre soutien agit
Dans les jours qui viennent, les besoins vont s’intensifier. Les opérations de recherche cèdent progressivement la place à l’évaluation des dégâts, à la prise en charge des déplacés et à la reconstruction — un effort que les Nations unies décrivent comme appelé à durer.
Chaque don permet d’agir concrètement : un kit d’hygiène protège une famille du risque infectieux ; un panier de vivres nourrit un foyer privé de ressources ; l’accès à l’eau potable limite la propagation des maladies. C’est tout le sens de l’engagement d’ADRA, fidèle à sa devise — justice, amour et compassion — au plus près de celles et ceux que la crise frappe le plus durement.
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